Rencontre avec Sophie Lemieux, une femme de chiffres et de cœur!

Isabelle Millaire
Philanthropie Portraits Santé relationnelle Témoignages

Devant la caméra, Sophie était comme un poisson dans l’eau. Souriante, aucunement stressée par les décomptes à respecter ou par les changements de dernière minute. «Je n’ai jamais eu de problème avec le fait d’improviser en ondes.» se souvient-elle. Madame L, comme se plaisait à l’appeler un certain collègue, prenait toujours le temps de me saluer, ainsi que les autres membres de l’équipe derrière la caméra. Déjà, elle avait ce je-ne-sais-quoi d’humanité et d’humilité qui m’avait fait l’apprécier.

Pendant de nombreuses années, j’ai travaillé à TVA. Ou plutôt à Groupe TVA, qui englobe les chaînes dites spécialisées que sont LCN, TVA Sports, Prise 2, addikTV, Moi & Cie et la défunte chaîne économique Argent (LCA). Et c’est à Argent que j’ai fait la connaissance de la charismatique et sympathique Sophie Lemieux, qui était alors journaliste économique.

En tout et pour tout, Sophie est restée à l’antenne de LCA pendant 12 ans. Douze années pendant lesquelles elle a aussi été lectrice de nouvelles à LCN à l’occasion. Une rumeur avait d’ailleurs circulé à un moment à l’effet qu’on lui avait offert un poste à LCN et qu’elle avait refusé. Elle précise: «Oui, j’ai refusé le poste de lectrice de nouvelles week-end, entre autres parce qu’à l’âge qu’avaient mes enfants à l’époque, tout se passait les fins de semaine: les activités sportives, les fêtes, les sorties en famille… Et je ne voulais pas non plus me déconnecter du milieu financier.» Elle a donc décliné l’offre. Et avec le recul, elle trouve qu’elle a vraiment fait le bon choix!

C’est grâce à Sophie que j’ai découvert l’organisme – tellement nécessaire et encore peu connu malgré ses 26 ans d’existence -, La rue des Femmes, qui vient en aide aux femmes en situation d’itinérance ou à risque d’y sombrer.

Comme quoi on peut être calée en économie et avoir de l’empathie! Tut! Tut! Ne soyez pas offusqués de cette remarque! Les préjugés ont la vie dure! Pour moi, Sophie déboulonne agréablement le mythe que les amoureux des mathématiques et les fous de la finance sont des êtres un peu froids, plus cérébraux que branchés sur leurs émotions. Sophie Lemieux est un beau mélange des deux et c’est entre autres pour ça que j’ai tenu à vous la présenter.

Un amour certain pour les chiffres

Personnellement, à l’école, j’étais plus lettres que chiffres. Pour Sophie, c’est l’inverse. Les mathématiques, elle raffole! D’ailleurs, lors de ses études en administration des affaires à l’Université Laval, elle réalise rapidement qu’elle aime davantage les maths que le droit, et surtout la finance: «Je trouvais la finance pas mal plus stimulante que la comptabilité. Il faut dire que mon père m’a initiée très jeune aux placements… même s’il était comptable!» ajoute-elle en riant.

L’attrait du journalisme

Bien que ce soit là que je l’ai connue, le journalisme n’est pas arrivé dans la vie de Sophie Lemieux par la chaîne Argent. Quelques années avant, alors qu’elle terminait sa maîtrise en finance, toujours à l’Université Laval, sa mère voit que Télé-Québec (à l’époque Radio-Québec), cherche des jeunes avec un profil économique et en parle à sa fille. Sophie tente sa chance. L’émission Téléservice la recrute comme chroniqueure. «J’ai fait partie de l’équipe de cette émission de services les deux dernières années où elle a été à l’antenne.»

Seulement deux ans. Quand l’émission est retirée des ondes, Sophie ne sent pas qu’elle a fait le tour du journalisme. «Après Téléservice, l’adrénaline que procure le direct me manquait. J’avais la piqûre du journalisme! Alors, quand j’ai vu les premières publicités annonçant la venue de la chaîne Argent, j’ai tout de suite envoyé une cassette démo!», elle rigole en mentionnant le mot «cassette»! Je me souviens moi aussi de cette époque; les journalistes nous apportaient les cassettes Beta de leur topo pour qu’on les sous-titre. Et je vous assure que ça ne fait pas tant d’années que ça!

Après douze ans à LCA, Sophie s’est vu offrir une opportunité de retourner en gestion de portefeuille, cette fois auprès de comités de retraite, chez Fiera Capital. Et elle a dit oui! Elle avait à ce moment-là assouvi sa piqûre du journalisme. Retourner dans le monde de la finance, oui, mais elle garde, de par ses fonctions, un lien direct avec les gens puisqu’elle rencontre les divers représentants des comités de retraite dont elle gère la relation. Toujours, l’humain est au centre des préoccupations et des intérêts de Sophie.

Le désir de s’impliquer socialement

«Ça a été un coup de cœur!» lance-t-elle d’entrée de jeu au sujet de La rue des Femmes, dont elle a entendu parler un peu par hasard. Il y a presque sept ans, ses enfants plus grands, elle a eu le désir de s’impliquer dans un conseil d’administration. Elle était attirée par ce travail de gouvernance, le côté gestion de risques et le travail d’équipe. Elle voulait donc apprendre, tout en aidant un organisme dont la cause la touchait.

La rue des Femmes, c’est pas juste un toit, c’est aider des femmes – plus de 1000 par année! – à trouver un sens à leur vie, à retrouver confiance en elle. C’est un centre de santé relationnelle. C’est une mission extraordinaire!

C’est lors d’une soirée-bénéfice du Regroupement pour la Trisomie 21, où elle était coanimatrice, que Sophie a rencontré une femme qui lui parle de l’organisme à but non lucratif La rue des Femmes et de sa fondatrice, Léonie Couture. Coïncidence heureuse, la dame en question est sur le CA de LRDF, mais envisage de quitter ses fonctions, faute de temps. Elle invite donc Sophie à rencontrer Léonie Couture, l’âme et le cœur de La rue des Femmes. La rencontre a été décisive.

Sophie a donc fait partie du conseil d’administration, puis en est devenue présidente. Son rôle, dira-t-elle, «c’est surtout de bien s’entourer». Plusieurs femmes d’horizons différents siègent au CA: avocate, comptable, directrice des ressources humaines, experte en communication et relations intergouvernementales, experte en financement et fonctionnement municipal, travailleuse dans le domaine de la santé… «Je dis toujours que moi, je suis l’experte dans rien!, s’exclame Sophie en riant, mais mon objectif, c’est de rassembler tout ce bon monde pour aller chercher le meilleur de chacune, les écouter, prendre leurs conseils et, ensemble, faire en sorte qu’on contribue à assurer la pérennité de l’organisme et à le faire grandir. Notre but: réussir à soigner beaucoup plus de femmes. Tu sais, on refuse une vingtaine de demandes d’aide par jour; c’est énorme! Concrètement, le rôle du CA est de s’assurer que les objectifs sont réalistes et que le plan d’action est réalisable!

Entendre Sophie parler avec passion de La rue des Femmes pique ma curiosité. Je sais que cet OBNL aide les femmes sans abri, mais je lui demande de m’en dire un peu plus sur cet organisme. «La rue des Femmes, c’est trois maisons où des femmes dans le besoin sont accueillies sans jugement et en toute sécurité. Il y a de l’hébergement longue durée et de l’hébergement d’urgence. Il y a des repas chauds qui sont offerts et des ateliers de toutes sortes: art-thérapie, chant, yoga, couture… Tu devrais vraiment rencontrer Léonie!» Et devant mon intérêt pour la cause qu’elle chérit, Sophie m’a mise en contact avec Mme Couture, la fondatrice. Rendez-vous pris. Je vous en parle dans un prochain texte!

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