Des logements, oui, mais…

Léonie Couture
Lettres d'opinion

On entend beaucoup parler d’itinérance et de la pénurie de logement, comme si les deux allaient automatiquement de pair. Si, effectivement, certaines personnes sans abri ont besoin de logements à des prix abordables pour se sortir d’une situation temporaire d’itinérance, ce n’est pas le cas de toutes.

Par exemple, à La rue des Femmes, nous accueillons et soignons des femmes en état d’itinérance chronique. Survivantes de traumatismes graves, les femmes en état d’itinérance sont dans un état de stress post-traumatique complexe. Comme nous l’ont appris nos 29 ans de vie quotidienne avec elles, toutes ont subi des violences innommables, souvent dès l’enfance.

Ces violences laissent aux survivantes de graves blessures relationnelles qui entravent leur capacité d’être en sécurité et en lien avec elles-mêmes et avec les autres. L’état de stress post-traumatique signifie qu’à tout moment, à l’instar des vétérans de guerre, elles peuvent perdre le contact avec la réalité actuelle et tomber dans la réalité du trauma. La détresse et l’incompréhension engendrées par une telle perte de contact avec la réalité entraînent divers troubles de santé relationnelle et de santé mentale, tels que l’exclusion et la désaffiliation, la dépression, la déconnexion et les dépendances.

De fait, sans les soins adéquats, elles ne pourront retrouver une autonomie suffisante pour habiter et s’occuper seule d’un logement.

Le logement n’est donc pas la solution miracle à la crise sociale que l’on vit présentement.

Léonie Couture C.M., C.Q.
Présidente fondatrice, directrice générale
La rue des Femmes et sa fondation

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